Société

CNSS : l’AJEV décidée à obtenir la tête de Nicole Assélé

Plus il dure, plus il livre de nouvelles facettes. Le mouvement d’humeur des retraités qui obstruent l’entrée du siège social de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) du Gabon semble désigner ceux qui en tirent les ficelles. Objectif visé mais inavoué : prendre le contrôle de la CNSS.

Alors que la décision de la mensualisation du paiement des retraites avait été prise du temps de l’ancien directeur général Désiré Lasségué, la nomination de Nicole Assélé va marquer un tournant décisif de cette mesure, autant qu’elle est illégale. Mieux encore, lorsque la nouvelle patronne prend les rênes de la CNSS, sa situation comptable est des plus désastreuses. 

Surendetté, le mastodonte est au fond du gouffre. Plusieurs administrations et entreprises affiliées lui doivent une ardoise abyssale pour non reversement des cotisations pourtant prélevées auprès de leurs employés. Selon un rapport d’audit datant de 2017, la dette d’une cinquantaine d’entreprises vis-à-vis de la CNSS s’élève à près de quatre cent millions d’euros, soit un peu plus de deux cent cinquante milliards de francs CFA.

Bien que comptant parmi les régies financières des plus importantes du Gabon, Nicole Assélé hérite d’une « bombe ». La situation est si désastreuse qu’en l’absence de mesures fortes, la CNSS pourrait ne plus payer les pensions. Ce qui a motivé les réformes engagées par sa directrice générale. Non sans en mesurer l’impact et les réactions à tort.

Pour être en phase avec le circuit que lui impose les administrations et entreprises partenaires qui ne reversent leurs cotisations que trois mois après d’une part, et de l’autre, pour assurer la régularité du paiement des pensions face à la carence de ressources financières dont la CNSS fait face, Nicole Assélé va décider du retour au paiement trimestriel, conforme au code social du travail en son article 100.

Cependant, plus le mouvement de grève se durcit, plus son corollaire de révélations s’enchaîne. 

Bien au fait de la situation, l’entêtement des retraites grévistes surprend. Selon nos sources, ces derniers agiraient sous les ordres des membres de l’Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV), dont Brice Laccruche Alihanga, directeur de cabinet du chef de l’Etat gabonais est président fondateur.

L’objectif est de prendre le contrôle de cette entité qui reste l’une des rares à échapper encore au contrôle de Brice Laccruche Alihanga. Le très controversé directeur de cabinet d’Ali Bongo verrait bien son poulain Ismaël Ondias Souna à la tête de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale.

Comme pour Guy Bertrand Mapangou, ancien ministre des Forêts et Pierre-Claver Maganga Moussavou, ancien vice-président de la République, la stratégie reste la même: manipuler les masses, ternir l’image auprès de l’opinion, susciter des scandales et autres mouvements d’humeur pour justifier le limogeage de la victime.  

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