Politique

Conflit Obambas/Tékés : le Haut-Ogooué au bord de l’implosion

Jamais les querelles entre fils et filles du Haut-Ogooué n’avaient été ravivées à ce point depuis l’arrivée au Pouvoir d’Ali Bongo. Les Tékés semblent ne plus supporter les griefs qui leur sont imputés à tort, alors que « le vrai pouvoir » dans cette partie du Gabon, disent-ils, serait entre les mains des Obambas.

Un conflit qui prend forme dès la rupture entre Marie-Joséphine Kama Dabany et Omar Bongo

L’ex première dame Marie-Joséphine Kama Dabany n’a pas fini de régler ses comptes aux Tékés et à la famille Ondimba. Depuis son divorce avec feu Omar Bongo, elle s’est visiblement donnée pour mission de marginaliser cette frange de gabonais au profit des Obambas. Dans sa démarche, elle s’est trouvée comme alliée, une autre femme d’influence ; son ex rivale, Marie Madeleine Mborantsouo, elle même Obamba.

Le commun des Gabonais n’a jamais su faire la différence entre ces deux principales ethnies de la deuxième province du Gabon. Ce qui a installé une confusion totale dans les esprits. Alors que l’opprobre est régulièrement jeté sur les Tékés que les Gabonais pensent être les vrais détenteurs de tous les leviers du Pouvoir, la réalité est bien toute autre. Longtemps sous Omar Bongo, les finances du pays sont restées entre les mains des Obambas. D’Okinda à Mathias Otounga Ossibadjouo en passant par Paul Toungui et Jean Pierre Lemboumba Lépandou, tous quatre Obambas, aucun Téké n’a eu le prestige d’être à la tête du très convoité ministère du Budget l dans tous les gouvernements qui se sont succédés.

Une situation que les Tékés ne supportent plus. Ali Bongo n’est pas son père qui, lui savait calmer la colère de son ethnie. Omar Bongo avait réussi, à chaque fois, de ramener les siens à la raison et les contenter autrement. Ce que manifestement l’actuel Président ne parvient à faire.

Tous les leviers du Pouvoir entre les mains des Obambas sous Ali Bongo

Ils occupent tous les pans du Pouvoir de Libreville. D’ailleurs, depuis l’AVC du chef de l’Etat gabonais à Ryad en Arabie Saoudite, deux Obambas sont les principaux régents du Gabon : Brice Laccruche Allihanga, Directeur de Cabinet d’Ali Bongo et Marie Madeleine Mborantsouo, présidente de la Cour constitutionnelle.

Les finances ne sont pas en reste. La direction générale du Budget est entre les mains de Fabrice Andjoua Bongo (fils de Marie Madeleine Mborantsouo), un Obamba. La présidence de la commission de finances de l’Assemblée nationale est quant à elle assurée par Ruffin Pacôme Ondzounga, un autre Obamba.

Lambert Noel Matha est à la tête du ministère de l’intérieur, tandis qu’à la défense Nationale, l’Amiral Mally Gabriel Odjoua et le général Oyiba, sont respectivement secrétaire général du ministère et directeur de cabinet militaire du ministre. La vice-présidence de la commission des des Lois à l’Assemblée nationale est quant elle tenue par Mathias Otounga Ossibadjouo. Tous quatre Obambas.

Arnaud Engandji, un autre Obamba vient de se voir confier le juteux portefeuille de ministre des travaux publics. Tandis que Justin Ndoundangoye est maintenu au poste de ministre des transports.

Les Tékés de Bongoville et Lékoni, les mal-aimés

Deux Tékés contre trois Obambas sont présents au sein du récent gouvernement gabonais : Ali Akbar Onanga et Abdu Razzaq Guy Kambongo, respectivement ministre de l’agriculture et ministre des affaires étrangères. Fait curieux, tous deux sont originaires d’Akiéni, département dont Marie-Joséphine Kama Dabany est originaire. Le Haut-Ogooué compte pourtant dix départements. Selon nos informations, dans sa volonté de régler les comptes à la famille de son défunt époux, l’ex première dame, soutenue par la présidente de la Cour constitutionnelle, aurait pesé de tout son poids pour écarter les Tékés de Bongoville et de Lékoni du gouvernement au profit du maintien et la promotion de ses deux poulains. Ce que les Bongovillois et les ressortissants de Lékoni n’entendent pas laisser en l’état et commencent à appeler, en coulisse, à un parfait équilibre entre les deux ethnies soeurs. Certains menaceraient déjà de tourner le dos au numéro un gabonais.

Pourtant les chiffres sont clairs. A chaque élection, les suffrages de ces deux départements ont toujours approché les 100% en faveur d’Ali Bongo et les candidats du Parti Démocratique Gabonais (PDG). Une bien curieuse façon de remercier les électeurs. Ali Bongo serait visiblement entrain de scier la branche sur laquelle il est confortablement assis.

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