Politique

Continuité de l’Etat au Gabon : les Batékés écartés

Sitôt après l’officialisation de l’hospitalisation d’Ali Bongo à Ryad en Arabie saoudite, deux tasks force de gestion du Pouvoir sont mis en place à Libreville.

La première, officielle et divisée en deux cercles dont l’un plus resserré et chapeauté par Marie Madeleine Mborantsouo, belle mère d’Ali Bongo, Présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon depuis plus de vingt ans. A côté, Brice Laccruche Alihanga, Franco-gabonais et actuel directeur de cabinet d’Ali Bongo fait des pieds et des mains depuis quelques jours pour ravir cette place à celle que l’on surnomme « la tour de pise » à Libreville, en référence à sa réputation de faire basculer les votes en faveur du Parti au Pouvoir. Le jeune directeur de cabinet ne cache plus son ambition de prendre définitivement le contrôle du pays. Mais c’est sans compter sur Frederick Bongo Ondimba, demi frère du Président Gabonais, patron des services spéciaux qui n’entend pas laisser main libre à ce dernier.

Le deuxième cercle est lui chapeauté par Emmanuel Issoze Ngondet, Premier ministre. A ses côtés, Etienne Massard Kabinda, ministre de la Défense, Lambert Noel Matha, ministre de l’Intérieur et Régis Immongault, ministre des Affaires étrangères. Ce deuxième cercle est souvent écarté de certaines réunions jugées sensibles.

La deuxième task force, officieuse, tourne autour de la Première dame depuis Ryad et Brice Laccruche Alihanga. Régulièrement en communication téléphonique, ils gèrent tous deux les finances du Gabon et penchent déjà sur le prochain remaniement ministériel. Avec eux, Ike Ngouoni, porte parole de la Présidence de la République et l’ensemble des membres influents de l’Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV) dont Brice Laccruche Alihanga est le président fondateur. Le directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba tente par ailleurs de faire un rapprochement avec le premier ministre qui, lui, garde ses distances. Il ne lui a jamais pardonné d’avoir tenté de l’évincer de son poste au dernier remaniement ministériel. N’eut été l’intervention de Maixent Accrombessi, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo.

Dans ces deux forces en présence, on note l’absence remarquée des Batékés ; ethnie du chef de l’Etat gabonais. A l’exception de Frederick Bongo, Franco-gabonais, moins attaché à ses origines gabonaises. Ali Akbar Onanga, l’un des rares Batékés de l’actuel gouvernement a été volontairement écarté de la sphère décisionnelle. Marie Madeleine Mborantsouo ne lui a jamais pardonné d’avoir réclamé sa tête à la Présidence de la Cour Constitutionnelle, avec ses amis du MOGABO.

Le prochain gouvernement devra redistribuer les cartes. Ali Bongo aura tout fait en neuf ans, sauf garantir les intérêts de sa famille biologique et des membres de son ethnie. Dans le Haut-Ogooué, sa province d’origine, les Obambas prendraient leur revanche avec la présence de leurs filles et fils à des postes stratégiques.

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