Politique

Gabon : les raisons d’un coup d’état en l’absence d’Ali Bongo

Les événements de lundi 07 janvier 2019 méritent que l’on s’attarde sur les mobiles qui ont pu conduire à une tentative de renversement du pouvoir d’Ali Bongo arrivé à la tête du Gabon depuis neufs ans. Le seul événement similaire en date remonte en 1964, sous la présidence de feu Léon Mba.

Les querelles entre proches d’Ali Bongo depuis son AVC le 24 octobre à Ryad en Arabie saoudite peuvent avoir joué en défaveur du pouvoir de Libreville et motivé la tentative de coup d’état. Depuis plusieurs semaines, les Gabonais et la communauté internationale assistent à un virulent affrontement par médias interposés de deux principaux clans autour du chef de l’Etat gabonais. Le clan de Brice Laccruche Alihanga, directeur de cabinet d’Ali Bongo et son Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV), soutenu par la première dame Sylvia Bongo et son fils Nourredine Bongo est en guerre déclarée contre le groupe de militaires chargés de la sécurité rapprochée du chef de l’Etat Gabonais. Ce deuxième groupe composé de Fréderick Bongo, patron des services spéciaux et demi frère d’Ali Bongo, du colonel Arsène Emvahou, aide camp d’Ali Bongo, Park San Chul, conseiller du chef de l’Etat gabonais et Jean-Luc Amvame, directeur de la sécurité rapprochée est quant à lui soutenu par Maixent Accrombessi, ancien homme fort du régime.

C’est à une véritable guerre de succession que se livrent les proches collaborateurs d’Ali Bongo. Une guerre qui laisse sous entendre que le chef de l’Etat gabonais ne serait plus en mesure de diriger son pays. Ce qui aurait pu aiguiser des appétits et décider le lieutenant Kelly Ondo Obiang et son cammando à passer à l’acte.

L’hypothèse de l’opposition gabonaise n’est pas à exclure. Depuis plus de deux ans, l’opposant Jean Ping continue de réclamer sa victoire à la dernière élection présidentielle d’août 2016 et multiplie les appels à l’insurrection. Lors de son dernier meeting le samedi 15 décembre 2018 à son QG de campagne, l’ancien président de l’Union Africaine avait lancé un appel à la « confrontation » après avoir dit-il épuisé « tous les arguments ».

Par ailleurs, à chacune de ses sorties publiques, le principal opposant à Ali Bongo n’a de cesse d’inviter les forces de défense et de sécurité à prendre leurs responsabilités. Ses multiples appels peuvent enfin avoir trouvé une oreille attentive.

Le rôle d’une certaine presse avec ses informations quelques fois erronées, des analyses alarmistes et orientées vers des situations irréparables pourrait aussi avoir favorisé cette première tentative de coup d’état depuis l’arrivée au Pouvoir d’Ali Bongo en 2009.

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